12/12/07

Nul n'est prophète en son pays.

1.
Il s’en va loin de la terre
Où dans l’étable il vit le jour.
De son père et de sa mère
Qu’il reste le constant amour,
Qu’il grandisse, qu’il prospère
Et qu’il soit bon père à son tour.
2.
Oncques si, chez l’idolâtre,
Il vient à sentir le malheur,
Fuyant la terre marâtre,
Chez nous qu’il revienne au bonheur.
Que la pauvreté du pâtre
Reste toujours chère à son cœur.
3.
Cher enfant, Dieu te bénisse!
Dieu vous bénisse, heureux époux!
Que jamais de l’injustice
Vous ne puissiez sentir les coups.
Qu’un bon ange vous avertisse
Des dangers planant sur vous.
L'auteur de ce texte a écrit aussi la musique qui l'accompagne.
L'histoire raconte qu'il l'a faite exécuter dans deux concerts sous le nom de Pierre Ducré, maître de chapelle imaginaire du dix-huitième siècle et a trouvé avec cette oeuvre le succès qu'il cherchait depuis des années.
Voici ce qu'écrit le compositeur : " le morceau ... a eu tant de succès à Londres et dans toutes les villes allemandes que je viens de visiter. Vraiment c’est bien, c’est naïf et touchant (ne ris pas), c’est dans le genre des enluminures des vieux missels. Tout le monde dit que j’ai parfaitement saisi la couleur convenable [... ] ; c’est moi qui fais aussi les paroles. Si je trouve mon affaire, voilà une partition toute convenable pour être dédiée à mes nièces ; et cette raison seule me déterminerait à l’écrire, puisqu’il leur est agréable de voir leur nom sur une de mes œuvres. […]

Que d'éloges pour cette simple mélodie ! Combien de gens ont dit : " Ce n'est pas Berlioz qui ferait une pareille chose ! "(Hector BERLIOZ , Mémoires, II , 1870)

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